Un exemple réussi de top management : Louis XIV et Colbert

Louis XIV et Colbert incarnent un tandem que l’on retrouve souvent au sein des entreprises à succès : d’un côté le créateur porteur d’une vision d’avenir, de l’autre le calculateur implacable aux prises avec la dure réalité. Que nous apprennent ces deux grandes figures de l’histoire de France ?

 

Une construction difficile du tandem

Malgré le caractère divin de Louis XIV, lieutenant de Dieu sur terre, le duo qu’il forme avec Colbert n’est pas dû à l’opération du Saint-Esprit ! On peut faire remonter son origine à un autre couple, celui formé par Louis XIII et Richelieu. C’est Mazarin, le successeur de Richelieu, qui fera en sorte jusqu’à sa mort de donner à son neveu Louis XIV un homme de confiance capable de mettre en oeuvre les grandes visions du roi.

Mazarin voit en Colbert l’homme idéal : sa fidélité à la France et au roi ne fait aucun doute, puisqu’il se met au service du Cardinal en pleine Fronde. Colbert géra la fortune de Mazarin pendant une dizaine d’année. Son parcours dans l’économie et la finance lui donne également le bagage intellectuel nécessaire pour s’acquitter de sa tâche auprès du roi.

A l’opposé de cet homme assez froid et très terre à terre, Louis XIV est un jeune homme plein de fantaisie, épris des dames, amoureux du théâtre, de la danse et de la musique. Certains, comme le Surintendant Fouquet, on commit l’erreur de croire que le roi ne désirait pas gouverner par lui-même. Pourtant, derrière cette façade, on retrouve l’éducation prodiguée par Mazarin pendant des années, dont l’objectif est de faire du jeune Louis XIV un chef politique et militaire capable de poursuivre les visées de son père et de Richelieu.

C’est la mort de Mazarin qui signe l’acte fondateur du couple Louis XIV-Colbert : dès le lendemain, le roi prend véritablement les rennes du pouvoir, et Colbert est désigné comme successeur du cardinal.

 

La clé du succès : une adéquation des missions et des moyens

Pendant plus de vingt ans, Colbert a eu pour tâche de financer et de mettre à exécution les volontés du roi. Le travail conjoint fourni par le souverain et le ministre était extrêmement efficace : Louis XIV définissait les grandes orientations stratégiques et les buts à atteindre. Il incarnait par son mode de vie et par ses réalisations, le projet qu’il souhaitait voir aboutir pour la France. Colbert, grâce à ses connaissances de l’économie et à ses relations dans le monde de la finance, était capable de donner les moyens de la mise en oeuvre, et à défaut de revoir la stratégie globale. Le ministre était assez hostile à la construction du château de Versailles, mais son habilité dans les affaires, aiguillonnée par l’ambition du roi permit la réalisation de cet ouvrage.

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Nécessairement, Colbert a du s’arracher quelques cheveux pour trouver les moyens de financement nécessaires. @chateauversailles.fr

Dans de nombreuses entreprises, les figures du directeur général et du directeur administratif et financier forment le coeur de la direction de l’entreprise. Le DG établit la vision stratégique de l’entreprise, le DAF doit trouver les moyens financiers nécessaires à sa mise en oeuvre.

 

DG et DAF: Un équilibre fragile

La réussite de la coopération entre le DG et le DAF peut parfois être remise en question, notamment lorsque l’un prend l’ascendant sur l’autre.

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Un conseil des ministres sous Louis XIV

Dans le premier cas de figure, le DG mène une stratégie qui ne dispose pas de moyens suffisants pour être menée à terme. Rapidement, cette stratégie échoue avec pertes et fracas…et le DAF de rappeler « qu’il l’avait bien dit ».

Dans le deuxième cas, et c’est aujourd’hui le plus courant, le DAF inhibe totalement la prise de risque. Si l’échec dans ce cas est moins retentissant, le résultat est pourtant le même. Incapable de mettre en oeuvre des projets audacieux, l’entreprise avance lentement mais sûrement vers sa perte.

Pour réussir à conserver cet équilibre fragile, Louis XIV adopta deux stratégies. La première consista à toujours prendre conseil auprès de ses ministres, même s’ils avaient des points de vue différents. La seconde fut de mettre en place deux clans au sein de son conseil, le premier sous la houlette de Colbert, le second incarné par Louvois et Le Tellier. En jouant la concurrence, Louis XIV s’assurait de ne pas avoir à craindre l’un de ses ministres, tout en stimulant leurs énergies.

 

 

 

 

 

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